Biographie de B. Lorelei

  • Genre :Rap, Hip Hop français
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Le personnage mythique de la Lorelei est devenu inséparable du Rhin romantique. La version la plus célèbre de la belle aux boucles blondes est celle du poème de Heinrich Heine, « Ich weiß nicht, was soll es bedeuten » qui est devenue partie intégrante de la culture populaire depuis l’adaptation musicale de Friedrich Silcher.

A l’origine, la Lorelei a été conçue pour symboliser l’amour passionnel dans la littérature : dans une ballade (Zu Bacharach am Rheine..., 1801) du poète rhénan Clemens Brentano, la Lorelei apparut d’abord comme le nom d’une femme. « Lore Lay» a été trompée par son amant. Sur le chemin du cloître, elle veut jeter un dernier regard du rocher sur son château. Alors qu’elle pense voir un bateau s’éloigner, elle tombe dans le fleuve.

Brentano a écrit plusieurs variations du thème de la Lorelei. Le motif d’une femme blonde et malheureuse qui se peigne sur un rocher apparaît pour la première fois dans son conte rhénan à partir de 1810.

Plus tard, elle passa d’un fantôme à une femme fatale. À la fin du 19ème et au début du 20ème siècle, elle prit la fonction pour quelques poètes de symbole national semblable aux Valkyries. La littérature du 20ème siècle se détourna de cette interprétation. Elle montre le personnage sous de nombreuses formes dont certaines ironiques et perpétue ainsi le mythe de la Lorelei.

En France, elle est surtout connue au travers du poème de Guillaume Apollinaire, La Loreley, que l'on retrouve dans le recueil Alcools,ou encore dans Lorely de Gérard Labruni dit Gérard de Nerval lors du récit de son voyage sur les bords du Rhin. Alors, que pour d'autres, plus intéressés par la musique que par la littérature, Lorelei, la fée du Rhin, sera évoquée à travers des chansons comme Lorelei Sebasto Cha de Hubert Félix Thiéfaine,Laura Lorelei de Jacques Higelin, Loreley du groupe allemand Dschinghis Khan mais également par des artistes tels que The Pogues, Cocteau Twins, Theatre Of Tragedy, Styx... Dans un autre registre, l'auteur de bandes-dessinees belge, Roger Leloup, y fait de nombreuses references dans l'album No. 2 de Yoko Tsuno: "L'orgue du diable".

Heinrich Heine, La Lorelei
Mon Cœur, pourquoi ces noirs présages?
Je suis triste à mourir.
Une histoire des anciens âges
Hante mon Souvenir.

Déjà l'air fraîchit, le soir tombe,
Sur le Rhin, coulant calmement;
Seul, un haut rocher qui surplombe
Brille aux feux du couchant.


Là-haut, des nymphes la plus belle,
Assise, rêve encore;
Sa main, où la bague étincelle,
Peigne ses cheveux d'or.

Le peigne est magique. Elle chante,
Timbre étrange et vainqueur,
Tremblez fuyez! la voix touchante
Ensorcelle le cœur.

Dans sa barque, le marin qui passe,
Pris d'un soudain transport,
Sans le voir, les yeux dans l’espace,
Vient sur l'écueil de mort.

L'écueil brise, le gouffre enserre,
La nacelle est noyée,
Et voila le mal que peut faire
Loreley sur son rocher


Littérature
Werner Bellmann, Brentanos Lore Lay-Ballade und der antike Echo-Mythos. En: Clemens Brentano. Beiträge des Kolloquiums im Freien Deutschen Hochstift 1978, hrsg. von Detlev Lüders, Tübingen 1980, S. 1-9.
Jürgen Kolbe: "Ich weiß nicht was soll es bedeuten". Heinrich Heines Loreley. Bilder und Gedichte. München 1976.
Guillaume Apollinaire: La Loreley, Alcools
La Loreley

à Jean sève


À Bacharach il y avait une sorcière blonde Qui laissait mourir d'amour tous les hommes à la ronde

Devant son tribunal l'évêque la fit citer D'avance il l'absolvit à cause de sa beauté

Ô belle Loreley aux yeux pleins de pierreries De quel magicien tiens-tu ta sorcelerie

Je suis lasse de vivre et mes yeux sont maudits Ceux qui m'ont regardée évêque en ont péri

Mes yeux ce sont des flammes et non des pierreries Jetez jetez aux flammes cette sorcellerie

Je flambe dans ces flammes ô belle Loreley Qu'un autre te condamne tu m'as ensorcelé

Evêque vous riez Priez plutôt pour moi la Vierge Faites-moi donc mourir et que Dieu vous protège

Mon amant est parti pour un pays lointain Faites-moi donc mourir puisque je n'aime rien

Mon coeur me fait si mal il faut bien que je meure Si je me regardais il faudrait que j'en meure

Mon coeur me fait si mal depuis qu'il n'est plus là Mon coeur me fit si mal du jour où il s'en alla

L'évêque fit venir trois chevaliers avec leurs lances Menez jusqu'au couvent cette femme en démence

Vat-en Lore en folie va Lore aux yeux tremblant Tu seras une nonne vétue de noir et blanc

Puis ils s'en allèrent sur la route tous les quatre la Loreley les implorait et ses yeux brillaient comme des astres

Chevaliers laissez-moi monter sur ce rocher si haut Pour voir une fois encore mon beau château

Pour me mirer une fois encore dans le feuve Puis j'irai au couvent des vierges et des veuves

Là haut le vent tordait ses cheveux déroulés Les chevaliers criaient Loreley Loreley

Tout là bas sur le Rhin s'en vient une nacelle Et mon amant s'y tient il m'a vue il m'appelle

Mon coeur devient si doux c'est mon amant qui vient Elle se penche alors et tombe dans le Rhin

Pour avoir vu dans l'eau la belle Loreley Ses yeux couleur du Rhin ses cheveux de soleil

Guillaume Apollinaire (1880 - 1918)




Introduction Bacharach est une ville proche d’une falaise sur la rive droite du Rhin connue depuis l’Antiquité car l’écho s’y répète 7 fois. Loreley vient du moyen allemand lürelei (lüren : épier ; lei : rocher). Ce lieu est mélangé aux histoires fantastiques du Moyen Age. Apollinaire reprend la légende de cette femme qui séduisait les bateliers et leurs bateaux allaient se briser sur les rochers. Ce poème a été écrit en 1902 et publié en 1904 ; il est situé au milieu du cycle des Rhénanes. Ce poème est composé de 19 distiques qui abordent le thème de la puissance maléfique de l’amour qui conduit à la mort. Comment Apollinaire réutilise-t-il cette légende ? Comment par des jeux d’échos et de brouillage confère-t-il à ce thème une nouvelle profondeur ?

Annonce de l'étude linéaire

Etude Vers 1 : le poème commence par une indication de lieu, référence assez vague. Le poème commence comme un conte : « il y avait » renvoie à un temps passé. Il y a un oxymore à la fin du vers : « sorcière blonde » qui présente déjà la femme de manière négative. Comment une flemme blonde souvent associée à l’angélisme et à l’innocence peut elle être une sorcière ? Vers 2 : l’expression « d’amour » est au centre du vers impair, ce qui permet d’insister sur le thème de la mort d’amour. Vers 3-4 : les deux verbes au passé simple induisent des actions rapides qui traduisent l’effet foudroyant de sa beauté. Ces deux verbes d’actions successives sont renforcés par la paronomase (même son : « devant/ d’avance »). Ensuite, la préposition « à cause de » renforce le caractère inexorable de la séduction. Vers 5-6 : l’amorce d’un dialogue (sans ponctuation) apparaît et il y a des procédés de répétition qui marquent un changement de ton c’est à dire l’expression de la souffrance de la Loreley. Peu à peu, une intensité dramatique se crée. Pour la première apostrophe « ô belle Loreley », l’évêque s’adresse à elle en temps que juge. Dans le quatrième et le cinquième distique, la Loreley a la parole ainsi que dans le septième distique, tandis que l’évêque s’adresse à elle dans le sixième distique avec la deuxième apostrophe en temps que victime car la séduction a eu lieu. Dans les vers 6 et 10, la sorcellerie est associée au feu. La Loreley elle aussi est victime de ce sort et de sa beauté. Le terme de feu revient deux fois dans le cinquième distique. La séduction est fatale pour les hommes et la Loreley. Un autre élément entre en jeu : les yeux (thématique importante chez Apollinaire). Il y a une gradation au niveau du sens des yeux : pierreries (v.5) ; maudits (v.7) ; flammes (v.9). Cette progression montre l’ambivalence du regard de la Loreley. Les yeux sont dans la seconde partie de l’hémistiche dans les troisièmes et quatrièmes distiques et en première partie dans cinquième distique. Le terme de flammes renvoie au feu de l’amour. Du distique 3 à 10, il y a un phénomène d’écho qui installe la souffrance au cœur même du poème : « flammes, je meure, mon cœur, Lore, Loreley, Rhin, mon amant ». Tout au long du poème, on insiste sur le fait que la malédiction peut se retourner conter elle et que le malheur va se changer en folie. A partir du distique 11, on revient à une focalisation externe, l’intensité dramatique retombe, on change de temps puisqu’on est dans le passé. D’autres personnages apparaissent avec les trois chevaliers décrits dans les détails : « avec leur lance, jusqu’au couvent, noir et blanc… » Une sorte de menace commence à se faire sentir. Le poète appose le blanc symbole de purification (les vierges) au noir symbole de deuil (les veuves). C’est une opposition symbolique entre le lieu de la purification et celui de l’enchantement. A partir du distique 16, l’atmosphère devient oppressante ; les chevaliers sont pris au charme de la Loreley. Les choses vont vites. On voit beaucoup le lexique de la folie et de la démence qui malgré tout est tenté d’être canalisée par les ordres de l’évêque. Le thème des yeux revient (me mirer, vue, vu, yeux), il est associé à une explosion cosmique avec le mot astre rejeté à la fin du distique 13. Le thème des fées et des sorcières est associé aux cheveux. Ensuite, elle est prise au piège de son image comme Narcisse. La fin du poème est différente de celui de Brentano : il n’y a aucune condamnation morale, la mort est la seule issue et le seul apaisement à cet amour qui rend fou. Elle est en pleine hallucination, son nom va se décomposer (Lore). Il y a un phénomène d’écho sur son nom tout au long du poème.


Conclusion Cette femme cumule toutes les obsessions et toutes les images féminines d’apollinaire : la femme qui est belle, dangereuse et malheureuse. Apollinaire insiste sur le pouvoir maléfique des yeux puisque c’est dans ses propres yeux qu’elle se noie. Cette femme n’a aimé qu’elle même, terrorisée de son pouvoir qui se retourne contre elle. Ce poème exprime de la solitude de la femme trop belle. Pour apollinaire, cette femme est LA FEMME ; elle est irréelle, paradoxale (car elle souffre de sa beauté) et car elle semble être le double du poète.




Gérard de Nerval: Lorely, récit de son voyage sur les bords du Rhin.

Chanson
Hubert Félix Thiéfaine: Lorelei Sebasto Cha, album Soleil cherche futur.
Jacques Higelin: Laura Lorelei
Dschinghis Khan: Loreley
The Pogues
Theatre of Tragedy: Lorelei
Cocteau Twins
Styx
Claire Pelletier "Ce que tu donnes" / Marc Chabot : Le chant des sirènes
Charles Trénet "Loreleï", 1956

Les dédicaces pour B. Lorelei :

  • lovemy

    Date: 2008/04/23 10:22

    j ai craqué sur c ette chanson et ta voix est suplime un grand kis grace

  • Laure

    Date: 2007/08/31 23:32

    Lorelei B. c'est une nana extra, une voix en or et un talent énorme!