Ou suis je ?
Biographie de Daphné
Daphné
La biographie
Daphné
DAPHNE
Nouvel Album "Carmin"
Sortie le 23 avril 2007
En concert le 23 mai 2007 à l'Européen
A peine avait-elle terminé l’enregistrement de son premier album, L’émeraude, que Daphné ouvrait un dossier sur son ordinateur auquel elle associait un titre de travail : « album carmin ». En deux semaines, le rouge l’avait envahie : « je voyais du rouge partout, j’en avais besoin, j’ai acheté une robe, un manteau, tout était rouge ». Tout au long de sa gestation, Daphné a cherché un autre titre, elle n’a pas trouvé mieux : pas loin de deux ans plus tard, son second album a pour titre Carmin. « Le rouge, explique-t-elle, c’est le sang, c’est la vie, c’est la femme aussi… » C’est incarné. Par le fait, Carmin l’est beaucoup plus que ne l’était L’émeraude, sensiblement éthéré.
C’est pratiquement la seule décision prise par rapport au premier album – elle se l’était promis au sortir du studio - : pas d’ordinateur, les orchestrations seraient jouées par de vrais instruments, « leur chaleur, la respiration des musiciens, c’est très important pour moi. Seules, les flutes sont passées par l’ordinateur… Les flutes font bien semblant. » Un son organique, incarné, comme on l’a dit, donc carmin, sans doute, dans la tête de Daphné.
Car Daphné est ainsi faite, qu’elle entend des musiques quand elle voit des couleurs, au point d’être enivrée jusqu’au vertige dans les musées parce qu’il y a « des tableaux qui sont comme des symphonies ». Après tout, Jean-Paul Gauthier prétend bien que certaines couleurs font saliver ses papilles gustatives. Personne n’est parfait, chacun est fait différemment. Daphné, peut-être un peu plus que les autres.
Il faut la rencontrer pour faire l’expérience de l’altérité, Daphné est comme sa musique, en état d’apesanteur. Un état de grâce. Elle fait entrer l’ailleurs avec elle. Pourtant, elle s’en défend, tout juste admet-elle la différence d’un système sensoriel extrêmement développé : « Je ne sais pas s’il est proche de l’animal mais il me procure des joies très intenses tout en pouvant être très handicapant lorsqu’il me met à distance des autres. Parfois, j’ai le sentiment d’être un nez géant, d’autres fois un œil ou une oreille immenses qui absorbent tout avec des vases communicants dans les perceptions. Par moments, vivre en ville peut être difficile, dans le monde où tout va vite, où tout le monde court, garder son rythme est presqu’un défi. »
L’expérience de la scène a contribué au processus de maturation, les 32 dates de concerts effectuées avec L’émeraude ont conduit Daphné à vouloir être plus directe dans ce qu’elle raconte. Musicalement, vocalement comme dans la façon d’aborder les sujets, tout était plus abstrait dans ce premier album. L’écriture de Carmin, on y revient, a gagné en incarnation. « Les mélodies me viennent en même temps que les mots, dit Daphné. On a l’impression que c’est solitaire, d’écrire, mais en fait il y a des présences imaginaires qui me soufflent des mots, des mélodies, c’est une conversation dans la tête avec beaucoup de rires, de jeux, de surprises. Je ne me sens jamais seule dans ces moments là. »
Après, il y a la mise en musique : d’autres moments de joie intense, pour Daphné, et de partage avec les musiciens. Avec Camille Rocailleux, réalisateur de L’émeraude, qui a arrangé un titre (Par la fenêtre), avec Jean-Philippe Verdin, alias Readymade FC, qui a nuancé l’essentiel de la palette sur 8 titres de Carmin, avec Rémy Gallichet de Diving With Andy, Vincent Brulin et Sebastien Hogg qui se sont partagé la réalisation des trois titres restant.
Est-ce parce son univers est limitrophe de ceux de Kate Bush ou de Björk, la presse s’est accordée à voir une fée en Daphné. D’une pirouette, elle botte en touche : « J’ai une calèche volante avec des grelots et, derrière la porte, il y a des lutins qui m’attendent. » Puis se ravise : « Féérique, c’est une vision réductrice de ce qui nous échappe. Ca demande d’être à l’écoute de l’intime, du silence, de l’invisible, de l’imaginaire. On utilise très peu de la capacité de notre cerveau, est-ce que c’est ça la féérie ? Moi, je ne pense pas. Ce qui m’intéresse, c’est d’explorer ça à ma mesure, et mes moyens à moi, c’est d’attraper la musique, la mélodie, et de me laisser conduire par elles, par l’écriture… Ou l’énergie de groupe aussi, quand on est lié sur scène, comme je le suis avec mes musiciens, il y a toujours quelque chose qui nous échappe, on s’appuie les uns les autres sur ce qui passe entre nous. Féérique, c’est un terme réducteur de mon intérêt pour le fait d’être ici, d’exister… C’est quand même très mystérieux.
Ca dépend du rapport qu’on a aux choses, du regard qu’on porte sur cette vie qu’on traverse. Ce qui m’intéresse, c’est quand le cœur rebondit : essayer de le chopper au vol au moment du rebond, quand il m’envahit, quand il me met les larmes aux yeux ou me comble de joie. Il y a la joie de chanter et de s’exprimer mais aussi l’envie que les gens se retrouvent avec eux et pas avec quelqu’un d’autre en eux, qu’ils ne passent pas à côté d’eux. Le sens le plus intéressant de la vie, pour moi, c’est d’incarner ses rêves. Mais comment le faire ? Moi, j’ai trouvé : en suivant son instinct, en se laissant guider par ce qu’on peut entendre, par ce qui peut paraître irrationnel mais qui parfois apporte des clés. J’ai envie de transmettre ça, de dire la force de l’instinct, trouver son identité sans se compromettre. La meilleure façon de s’attraper, c’est d’écouter son instinct. »
Attrapez-vous dans Carmin.
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