biographie de Idrissa Diop

Biographie de Idrissa Diop

Idrissa Diop

Idrissa Diop

La biographie
Idrissa Diop

Né en 1949 à Dakar, Idrissa Diop dit « Idy » s’est fait un nom par son jeu de percussions très personnel (sabars, buggers, djembés), une carrière solo qui l’a mené sur diverses scènes du monde et ses nombreuses collaborations (Sahel de Dakar, Seydina Insa Wade, Sixun, Ray Lema, Chris Hinze).
Ses origines ethniques (sérère, wolof, peul), les divers artistes nationaux et internationaux écoutés (Aminata Fall, Star Band, Pape Seck, Laba Sosseh, Super Eagles, Ndiaga Mbaye , Laye Mboup, Yandé Codou Sène, Stevie Wonder, Hugh Masekela, James Brown, Otis Redding, Fela Anikulapo Kuti, Rail Band, Carlos Santana, Bembeya Jazz, Miriam Makeba, Abdullah Ibrahim…) et la collection de disques de jazz de sa soeur, hôtesse de l’air, constituent une influence non négligeable pour sa future démarche musicale. A l’adolescence, il monte son premier groupe avec des amis d’enfance, le Rio Orchestra. De 1976 à 1980, il joue au sein du célèbre Sahel de Dakar, une des premières formations à vouloir moderniser la musique sénégalaise. Deux ans plus tard, il débarque à Paris, fait une tournée européenne et participe à l’enregistrement de l’album Gorgui du folk singer Seydina Insa Wade, son vieux compagnon du Sahel. De retour au Sénégal en 1983, il forme avec ce dernier et le guitariste Omar Sow Tabala, un trio de folk sénégalais où les guitares acoustiques, les percussions et la voix offrent une musique mélodique puisée dans les traditions du pays.

Revenu en France en 1984, Idy Diop accompagne aux buggers (percussions de la basse Casamance) Ray Lema puis participe à la tournée australienne du Hollandais Chris Hinze, un flûtiste de jazz ouvert aux rythmes africains. I1 rejoint ensuite la bande Jéricho avec lequel il tourne dans plusieurs pays d’Europe pour réclamer la libération de Fela Anikulapo Kuti alors en prison. La même année, il fonde avec Jean-Pierre Como (claviers - France), Paco Séry (batterie – Côte d’Ivoire), Louis Winsberg (guitare, guitare synthé - France), Michel Alibo (basse - Antilles) et Alain Debiossat (sax - France), Sixun, un sextet qui s’illustre par son jazz-fusion, croisements de rythmes et mélodies afro-antillais, de jazz, de rock et de funk.

En septembre 1985, il fonde le groupe Gaïendé (lion en wolof), en référence à l’emblème du Sénégal. La parution de son premier album, Misaal, est l’occasion pour le grand public de découvrir son afro-jazz -rock chanté en wolof, en français ou en anglais et intégrant des rythmiques mbalax, funk ou salsa. Après une participation à la soirée de solidarité organisée par la ville de Montreuil en faveur de Yélimané (village déshérité du MaIi), Idrissa Diop donne son premier véritable concert au New Morning en févier 1986, expérience qu’il renouvelle début 1987 en trio dans un style plus acoustique. Quelques mois plus tard, il participe avec son groupe Gaïendé au célèbre festival de Châteauvallon dans le sud-est de la France. L’année 1988 voit la sortie de son deuxième album Femme noire dédié aux femmes en général. Eclectique, Idy Diop affirme des tendances salsa, jazz et funk dans son 30 cm Couleurs où il dénonce le « xessal », « la dépigmentation de la peau et de « l’âme » de certains Africains qui utilisent des produits cancérigènes pour éclaircir leur derme », comme il aime à le définir. Il le remixera en 2000 sous l’intitulé Colors. Refusant de se cantonner dans un créneau typiquement sénégalais, il s’entoure de musiciens d’horizons divers (français, antillais, mauricien, sud-africain) pour l’enregistrement de Rebelle (1990), un disque afro-jazz-funk dédié à « tous les hommes et toutes les femmes de cette terre qui n’ont plus envie de subir », confie-t-il. L’année 1992 voit la sortie de Amoney, un maxi single de trois titres électro-dance avec une version radio, un wolof-beat-dub et un club-mix, le tout réalisé avec le DJ Skorsky. Suit en 1994, le disque éponyme, Idrissa Diop, paru chez Musidisc.

Il faut attendre 1999 et la sortie de Conscience collective, un opus plus ancré dans la tradition pour revoir Idrissa Diop sur scène. En 2003, Carlos Santana, l’une de ses idoles, le découvre en écoutant Yakar, un album qui mêle avec finesse rythmiques mbalax, sérères ou peules du Sénégal, sonorités latines et funk. Quelques mois plus tard, le percussionniste sénégalais est aux côtés du célèbre guitariste et de son groupe pour son concert au POPB (Palais Omnisport de Paris Bercy). En 2004, invité par Carlos Santana, il participe au Concert pour la Paix aux côtés de grandes pointures de la scène américaine comme Wayne Shorter, Steve Winwood, Herbie Hancock, Chick Corea, Ravi Coltrane, John McLaughlin…Cette collaboration avec les artistes américains et un séjour à Gorée au Sénégal (l’île d’où partirent des millions d’esclaves vers les Amériques et les Caraïbes), donnent à Idrissa Diop l’idée d’aller croiser ses mélodies et rythmes à ceux des musiciens africains-américains dont les sensibilités culturelles lui sont proches. C’est ainsi qu’il se rend la même année à Philadelphie (USA) pour enregistrer Experience aux beats soul, funk, R&B, rap, salsa et reggae , avec les frères Tucker, Richard à la guitare et Handel qui a travaillé avec The Fugees, Diana King ou Nuttea à la réalisation, aux arrangements, aux claviers et à la programmation, Tracy Nelson et Don E. Beatbrokerz à la prise de son ou encore Yashar, El Feco B, Lady Ru dite « Baobab Girl ». Extrait du disque et composé par Idrissa Diop, Maurice Wilcher, Joseph Stonestreet et Handel Tucker, le single Universal (sur l’unité des peuples) est un croisement de « galayabé », le rap traditionnel des Wolofs du Sénégal chanté d’une voix à la fois rocailleuse et bluesy (Idrissa Diop), de hip hop espagnol (Vanessa Acosta) et de rap américain (Kufie The MC) sur un subtil mélange de funk et de rythmiques africaines données par les sahouroubas et les buggers de Casamance en particulier. En mai 2008, Idy Diop invite à son tour Carlos Santana et Narada Michael Walden dans Historia – Fly high – Be free son album afro-salsa-funk de 16 titres chanté en wolof, français, anglais et espagnol, synthèse de toutes les sonorités qui ont rythmé son histoire musicale.

Très sensible aux problèmes des enfants des rues et des souffrances des jeunes qu’il a beaucoup chanté et qu’il continue à chanter dans « So ghetto » (sur le racisme subi encore par les jeunes des ghettos en Afrique du Sud) ou « Océan » (l’immigration des jeunes Africains et les dangers de la mer), Idrissa Diop s’investit pleinement depuis plusieurs années en parrainant « L’Empire des enfants », une association sénégalaise fondée par Mme Anta Mbow et basée dans l’ex salle de cinéma, « Empire », de la Gueule Tapée à Dakar, son quartier d’origine.



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