biographie de Omara Portuondo

Biographie de Omara Portuondo

Omara Portuondo

Omara Portuondo

La biographie
Omara Portuondo

La grande dame de la chanson cubaine, est revienue dans l'actualité de la musique cubaine grâce au Buena Vista Social Club.
Omara Portuando aura attendu longtemps une reconnaissance aux Etats-Unis et en Europe. Pendant toutes ces décennies Omara est restée chère au coeur des Cubains toutes générations confondues. Ses participations au premier Buena Vista Social Club, la seule femme du casting et au dernier album de Compay Segundo, sa présence sur scène aux côtés du doyen du son et dans les rares apparitions live de la troupe réunie par Ry Cooder, ont imposé cette voix claire et vibrante qui défie les années.



Elle est née dans le quartier Centro Habana, le 29 octobre 1930. " J’ai grandi dans un tout petit appartement, au 708 de la rue Salud. La maison existe toujours. J’aurais aimé la récupérer quand mon père est mort en 1981, mais le gouvernement l’a rétribuée à une famille très unie. ". Omara Portuando parle avec tendresse de son enfance " pauvre mais heureuse ". Sa mère était blanche, fille d’Espagnols, son père noir, orignaire de Santiago de Cuba. Son métier : joueur de base-ball, le sport national de Cuba. "
Il a fait partie de la première équipe cubaine invitée à jouer aux Etats-Unis, souligne Omara avec fierté. mais il avait les chevilles fragiles et chaque fracture le privait de son salaire. Il est plusieurs fois arrivé que nous nous retrouvions sans un sou ".

Les premiers pas d’Omara sur scène furent le fruit du hasard. A quinze ans, elle accompagnait souvent sa soeur aînée Haydee au Tropicana où elle était danseuse. " C’était un cabaret très chic. Un jour, la maîtresse du ballet a renvoyé une danseuse qui ne faisait pas l’affaire. " C’était à deux jours de la première. Pourquoi ne pas prendre la petite soeur ? Elle savait danser et à force de regarder les répétition, elle connaissait la chorégraphie. " Pour moi, c’était hors de question, j’étais très timide et j’avais honte de montrer mes jambes ", se souvient Omara.
A la maison, sa mère lui fait la leçon : " Ils ont besoin de toi, tu ne peux pas te dérober. Fais-le pour moi. "
Tu verras, un jour tu représenteras ton pays dans le monde entier avec ton art. C’est ainsi que Omara Portuando a débuté au Tropicana de La Havane, une scène où elle se produit régulièrement.


Un peu plus tard, elle fait la connaissance d’un groupe de jeunes fous de musique américaine : Franck Emilio Flynn pianniste aveugle, Cesar Portillo de la Luz, José Antonio Mendez... la naissance du futur Grupo del feeling qui devait marquer profondément la musique cubaine. Au début, c’était juste une poignée d’amis qui se réunissait le week-end pour chanter en anglais des standards de jazz. Franck Emilio avait obtenu une émission sur Radio 1010, la station du Parti communiste. Pour la première fois le speaker présenta les membres et annonça " Miss Omara Brown, la fiancée du feeling ". Le nom anglo-saxon sera vite oublié, mais le surnom de Novia del feeling ne l’a jamais quittée. Même si les musiciens étaient bénévoles et que l’audience restait confidentielle, ils ont commencé à faire parler d’eux dans les milieux musicaux. Si bien que quand Elena Burke, qui chantait dans le quartette d’Orlando de la Rosa, s’est vu proposer un engagement au Mexique, elle a pensé à Omara pour la remplacer.
"J’ai donc intégré le Cuarteto, qui avait un certain succès à la fin des années 40, et je suis devenue chanteuse professionnelle. Je touchais un cachet et j’avais ma carte du syndicat des musiciens. Je suis restée dans le groupe quand Elena a repris sa place et nous sommes partis aux Etats-Unis ".

Le succès vient peu à peu et ils finissent en tête d’affiche. L’aventure dure six mois. Une fois revenus à Cuba, la pianiste Aida Diestro accepte de s’occuper d’elles et c’est ainsi que naît en août 1952 le Cuarteto Las D’Aida, un groupe capital dans l’histoire de la musique cubaine. Omara y restera quinze ans. La réussite d’Aida Diestro fut de marier la sophistication du jazz vocal américain avec le répertoire afrocubain. " Nous chantions, nous dansions, nous avions une spontanéité qui séduisait le public et les arrangements vocaux d’Aida étaient très novateurs. Quand Nat King Cole s’est produit au Tropicana, nous faisions les choeurs sur scènes avec lui ". Avec Las D’Aida, Omara Portuando enregistre son premier album, pour la firme RCA-Victor. Un album solo suit en 1959 sur le label Gema.
Les années Fidel
En janvier 1961, Las D’Aida chantent dans un grand hôtel de Miami quand survient la rupture des relations entre Cuba et les Etats-Unis.
Nous sommes immédiatement rentrées à La Havane. Mais Haydee n’est pas restée longtemps. Elle avait déjà envoyé sa fille aux Etats-Unis comme beaucoup de cubains qui s’inquiétaient de la situation politique, et elle a fini par la rejoindre. Elle vit toujours là-bas. Elle a totalement abandonné la musique et n’est jamais revenue à Cuba. Elle avait la voix la plus aïgue du groupe et il a été très difficile de la remplacer.

Au début de la Révolution, les tubes américains se font rares à la radio, en revanche les musiques Française et Italienne sont à la mode.
Las d’Aida chanteront " les Parapluies de Cherbourg " de Michel Legrand. Après avoir beaucoup hésité, Omara se sépare de Las D’Aida en 1967. " Je n’avais pas l’obsession de faire une carrière en solo mais à cette époque, tant de chanteuses s’étaient exilées qu’il y avait un vide à combler. J’ai donc été désignée pour représenter Cuba au festival de Sopot en Pologne ".
En écoute le disque Palabras


Les débuts en solo d’Omara Portuando coïncident avec un moment historique particulier. Après la mort de Che Guevara en octobre 1967, tous les cabarets et lieux d’amusement nocturnes ont été fermés en signe de deuil. Puis à été lancé la campagne des 10 millions de tonnes de canne à sucre qui visait à une récolte record (et aboutira à un échec). Pendant six mois le pays a concentré toutes ses énergies sur cet objectif. " Les gens des villes allaient couper la canne dans les champs et nous, les artistes, allions dans les plantations pour chanter et les divertir ".
Dans les années 70, Omara, parée du statut de " Grande dame de la chanson cubaine ", représente son pays dans le monde entier comme l’avait prédit sa mère. Elle chante plusieurs fois à la Fête de l’Humanité à Paris, se rend souvent en Finlande, et au Japon.

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