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The Beach Boys : de tous les groupes américains de la Côte Ouest des années 60, le plus grand et le plus adulé restera sans doute les Beach Boys. De 1961 à 1964, ils incarnent le “surf n’ hotrod”, transposant le style rock n’roll à l’imagerie du mythe californien, et permettant ainsi d’intégrer ce style de musique dans la culture blanche américaine ... C’est sans doute cet aspect exclusivement “blanc” qui peut choquer aujourd’hui lorsque l’on écoute ces hymnes insouciants, stupides, parfois sexistes ou nationalistes. Mais on se souviendrait beaucoup moins des Beach Boys s’ils n’avaient révélé eux-mêmes l’envers du rêve américain.

Battus par leur père, un musicien raté, les trois frères Wilson n’ont que la musique pour échapper aux disputes familiales. Ils prennent très tôt l’habitude de chanter en choeur, sous la direction de Brian, le plus doué de la famille. L’adolescence venue, ils forment leur groupe avec Al Jardine et leur cousin Mike Love, et ont l’idée d’écrire des chansons sur la folie du surf qui sévit à Los Angeles. Les Beach Boys sont rapidement propulsés au rang de mégastars, grâce à Brian, mélodiste surdoué. A partir de 1963, avec Surfer Girl, la musique des Beach Boys s’éloigne de leur fonds de commerce traditionnel pour s’orienter vers un style plus mélancolique, plus riche musicalement et inspiré par les innovations de Phil Spector ou des Beatles. Deux chefs d’oeuvre, Today et Summer Days (1965) témoignent de cette période de transition.

Mais Brian Wilson, qui cumule les rôles de chanteur, songwriter, producteur et arrangeur passe vite aux choses sérieuses et enregistre Pet Sounds (1966). Sa conception auteuriste de la musique, et sa richesse à la fois musicale et conceptuelle marquent à jamais l’histoire du rock. Le deuxième tome de sa quête philosophique et spirituelle, le sublime Smile (1967) ne verra jamais le jour, du moins officiellement. Brian Wilson tombe alors dans un état d’instabilité psychique, malgré l’extraordinaire succès du single “Good Vibrations”. Se fixant des objectifs plus modestes, il parvient à renouer avec le génie grâce à un disque splendide : Friends (1968). A partir de cette période, les Beach Boys se mettent à exister en temps que groupe, avec Carl Wilson aux commandes. Les deux albums Sunflower (1970) et, dans une moindre mesure, Surf’s Up (1971) seront leurs deux plus belles réussites. Après 1971, on peut considérer leur oeuvre discographique terminée, à quelques exceptions près. Les Beach Boys deviennent alors un juke box rétro sans grand intérêt.



Après plusieurs rechutes sérieuses dans la maladie mentale, Brian Wilson est remis sur pied en 1975 par un psychiatre véreux, le Docteur Landy. Le retour de Brian permet un renouveau dans la discographie du groupe. The Beach Boys Love You (1976) est un disque original et étonnant dans lequel Brian expérimente de nouvelles sonorités et de nouvelles techniques de production, rendant un hommage magnifique à son maître Phil Spector.


Il faut attendre 1988 pour avoir enfin un nouveau disque de Brian Wilson. L’album éponyme est une belle réussite malgré la voix ravagée de son auteur et la production parfois surfaite. La mort de Dennis Wilson en 1983, puis celle de Carl Wilson en 1998, deux des grands talents créatifs des Beach Boys, mettront un terme à l’espoir d’avoir un jour un nouveau chef d’oeuvre du groupe dirigé par Brian. Ce dernier poursuit une carrière solo inégale, malgré une créativité excellente qui alimente surtout le marché du disque pirate.

Les dédicaces pour The Beach Boys :

  • GreatMaster

    Date: Aujourd'hui

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