Ou suis je ?
Interview : Benjamin Siksou

Evincé de La Nouvelle Star en 2008, Benjamin Siksou n'a pas chômé. L'artiste en a profité pour sillonner une dizaine de villes de France lors de sa mini-tournée En Attendant l'album. Son premier Ep live intitulé Instantanés du 11/04/09 qui retrace l'ambiance de ses concerts, est sorti en digital le 22 juin. Rencontre détendue avec le Parisien qui évoque La Nouvelle Star, sa musique et ses projets au cinéma. Quel souvenir gardes-tu de ton passage à La Nouvelle Star ? J'en garde un bon souvenir mais je l'ai vécu comme une véritable épreuve physique. J'y suis resté trois mois et j'ai mis trois mois à m'en remettre (rires). Il y a une pression, mais après, c'est chouette. C'est gràce à l'émission que j'ai pu rencontrer tous les gens avec qui je travaille aujourd'hui. A partir de là, c'est une équipe, un tourneur, une infrastructure qui t'entoure, etc. Cela m'a permis de faire la tournée, l'album live, donc cela a été primordial. Je revois encore Thomas, Ycare et Jules de l'émission. Artistiquement, qu'est-ce-que cela t'a apporté ? De l'expérience, car quand tu arrives là dedans, tu est un peu jeté au milieu de la scène et il faut se débrouiller tout seul. Cela s'apprend, je l'ai perçu comme une vraie expérience car j'étais entre deux choses particulières : la scène et la télévision. C'était un drôle de mélange. En tout cas, je n'ai rien à cacher de ce que j'ai fait là-bas. J'ai plus ou moins réussi à imposer mes choix et à chanter ce que je voulais; je me dis qu'une image change et que ce qui importe c'est ce qui se passe après. La Nouvelle Star n'est pas une fin en soi. A-t-il été difficile de reprendre la scène après avoir chanté sur un plateau de télévision ? Il y a une différence, c'est sûr. Mais je l'ai ressenti bien avant car avant que j'entre à La Nouvelle Star, je faisais déjà des concerts dans des petits bars de jazz. Mais lors de ma tournée, cela a été différent. Il y avait 300 ou 400 personnes, même 900 personnes lors de notre concert à Marseille, alors qu'avant je jouais devant 100 personnes maximum. C'est quelque chose qu'on découvre. Quand as-tu vraiment commencé à faire de la musique ? J'ai commencé à faire de la guitare vers 15 ans. Avant je faisais du violon; J'ai pris deux ans de cours de chant entre 16 et 18 ans, mais plus maintenant. As-tu grandi dans une famille de musiciens ? La Nouvelle Star disait que tu avais un père journaliste musical spécialisé dans le jazz... Pendant l'émission, on a effectivement dit que mon père était rédacteur en chef du magazine Jazz Mag. C'était faux. Cela a juste permis aux gens de me voir comme quelqu'un de pistonné gràce à son père. En réalité, mon père est dans la presse et la communication mais pas dans le jazz. Ma culture musicale ne vient pas de là. Ma mère m'a en revanche fait écouter des standards du jazz et de gospel et après c'est moi qui suis allé voir les disquaires. Pourquoi as-tu choisi de sortir un album live avant un premier album studio ? C'était pour avoir une trace de cette mini-tournée car elle a été vraiment intense. Je l'ai vécue comme une double découverte : moi, je découvrais mon public et les gens découvraient mes chansons. J'ai aussi sorti cet album car la scène représente quelque chose de beaucoup plus immédiat, de plus direct et de moins réfléchi. Maintenant, j'aime les deux processus, la scène et le studio. Qui sont les deux musiciens avec lesquels tu joues en concert ? Aurélien Barbolosi, le bassiste, je joue avec lui depuis trois, c'était le prof de guitare d'un de mes amis. C'est lui qui m'a présenté Benjamin Farrugia, le batteur, quelques temps après. Peux-tu déjà nous donner des détails de ton premier album studio ? Inclueras-tu également des reprises, comme sur ton Ep Live ? Je pense qu'il sortira début 2010. Certains morceaux de l'Ep live devraient figurer dessus. Par exemple, le titre Décor, un des derniers morceaux que j'ai écrit cette année et qui figure sur l'Ep, est assez brut. C'est un morceau qui nécessite un vrai arrangement de studio. Moi, j'ai mes maquettes, j'ai des idées bien précises de ce que je veux. Après, Vincent Ségal et toute mon équipe m'aident à peaufiner, car en matière de son, je ne suis pas forcément très bon. Pour les reprises, je ne sais pas encore. J'ai toujours aimé les reprises mais je pense qu'elles se prètent surtout à la scène. Beaucoup de gens croient que le titre Just the Two of Us est de moi, alors que non. Cela me flatte beaucoup. Tu as écrit le titre My Eternity avec le chanteur anglais Hugh Coltman. Comment l'as-tu rencontré ? Je le connais depuis deux ans, j'avais fait une première partie à la Bellevilloise avec lui, à Paris. Avec MySpace, je commençais un peu à tisser un réseau. J'avais entendu Hugh sur une compil' des Black & White Skin, le collectif de Spleen. C'était le choc pour moi. J'ai mis du temps à le retrouver sur MySpace car à l'époque il n'utilisait pas le même nom. Moi, cela faisait longtemps que j'avais un bout de texte, la fin, le milieu et j'arrivais pas à en faire un vrai morceau fini; donc il a rajouté de la profondeur de texte. Étant anglais, il avait une patte, une nuance que je n'avais pas du tout. Pourtant tu as l'air aussi bien à l'aise dans le chant en français qu'en anglais ? C'est dû à ce que j'ai assimilé, écouté comme musique, ça vient d'un certain mimétisme. Tu t'entoures aussi d'Oxmo Puccino sur certaines chansons... Pendant deux jours, on a écrit deux morceaux ensemble qui ne sont pas encore fini. C'est la même chose qu'avec Hugh Coltman, il a amené ce qu'il me manquait. J'avais une mélodie et un refrain et on s'est laissé emporter. Les morceaux seront sûrement sur l'album. Tu ne fais pas que de la musique. Tu as aussi joué dans des films comme 15 ans et demi et Largo Winch... 15 ans et demi, je l'ai tourné avant de faire La Nouvelle Star à 20 ans. Je continue aujourd'hui. J'ai tourné dans deux courts-métrages. L'un est de Renaud Lefèvre, un jeune réalisateur de 23 ans, et l'autre réalisé par Jean Douchet, qui bicyclette et je fais la musique de fin. Qu'est-ce-que tu retrouves au ciné que tu ne retrouves pas dans la musique et inversement ? C'est le cinéma qui m'a fait comprendre que même si je choisissais de faire de la musique, cela restait un métier d'images. A l'époque, j'avais laissé tombé ma fac d'histoire de l'art ; six mois après, les tournages de 15 ans et demi puis de Largo Winch sont tombés et juste après on m'avait proposé de faire le casting de la Nouvelle Star via mon MySpace. Tout s'est vite enchaîné, c'est pour ça qu'il me faut un peu de temps pour assimiler tout ce que je fais. J'ai toujours besoin de mettre les choses à plat et de voir le but de tout ce que j'entreprends. Cela te fait peur ? Oui un peu (rires), car c'est un métier où il faut profiter tout en sachant où on veut aller. Même si j'ai des convictions artistiques, je me laisse aller au grès des rencontres, je suis ouvert, je me laisse guider par l'inconnu. Tu n'as toujours pas de label ? Non,mon Ep live est autoproduit, tout comme le sera mon album. Quels sont tes projets ? En ce moment, je suis sur un projet que je viens tout juste d'enregistrer avec André Manoukian autour de compositeurs de jazz. J'ai chanté du Chet Baker, notamment I Fall in Love Too Easily. C'est un album qui devrait sortir en octobre. Sinon, côté cinéma, je prépare un long-métrage pour octobre d'Audrey Estrugo. Propos recueillis par Emeline Marceau Toutes les infos sur le Myspace de Benjamin Siksou
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