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Interview : Sébastien Schuller

Interview : Sébastien Schuller
Trois ans après avoir sorti son premier album Happiness, Sébastien Schuller revient sur le devant de la scène avec un nouvel album sous le coude intitulé Evenfall. L'occasion d'évoquer avec lui la genèse de ce nouveau disque pop et son parcours, lors de sa venue à Paris. Qu'as-tu fait entre la sortie de Happiness et ce nouvel album ? J'ai fait quelques musiques de films, dont une pour Un jour d'été, un film pour Arte qui a bien fonctionné et qui a gagné quelques prix dans les festivals. J'ai aussi écrit la musique de deux autres films pour le cinéma : Notre univers impitoyable et Toi et Moi . Certains morceaux d'Happiness ont également été écrits pour des films mexicain, américain et anglais. Tout ça m'a pris pas mal de temps. Même lors de la tournée de l'album Happiness, je composais pour ces films. Evenfall sonne très organique. Il y a beaucoup de parties jouées au piano...C'était un peu voulu. J'ai notamment acquis un programme pour pouvoir jouer du trombone, de la clarinette, etc. Du coup, lorsque tu travailles avec de nouvelles textures, cela va te donner de nouvelles compositions. Sur cet album, je voulais aussi ajouter du rythme. Entre mes deux albums, je me suis acheté un piano et mon premier sampler, donc je me suis amusé à faire de nouvelles choses. Et comme je voyage entre Paris et les États-Unis, le seul instrument que j'avais à ces deux endroits, c'était le piano. Du coup, j'ai naturellement fait beaucoup de compositions au piano au départ. Toute la première partie de l'album est assez ciblée sur le piano et les cuivres en fait, alors que la deuxième partie est plus électronique; je suis revenu à ce que j'aimais aussi. Ton chant et tes morceaux sont assez mélancoliques. Est-ce un reflet de ta personnalité et de ton caractère ?Oui, je suis assez comme ça. Je pense que cela vient aussi des musiques que j'ai écoutées. J'ai toujours recherché les belles mélodies. Mais, j'écoute un peu de tout. Récemment, j'ai beaucoup aimé The Knife, Here We Go Magic. J'avais aussi beaucoup aimé Sufjan Stevens et Arcade Fire, Zack de Beirut que je trouve fantastique aussi ! Souvent, je pense que tu te crées ta propre culture en fait. Tu digères ça et tu le retransmets à ta manière. Comment ont atterri les membres de Bell Orchestre et d'Arcade Fire sur le titre Open Organ ?A la base, cela part d'une participation sur une compilation dont l'idée était d'avoir un début de morceau et que d'autres groupes le finissent. Du coup, j'ai récupéré une partie de cordes de Bell Orchestre mais que j'ai totalement restructuré, redécoupé. A la base, ce que j'avais fait était pour cette compilation, mais ensuite j'ai construit tout un morceau autour de ces cordes ; j'ai trouvé des arrangements. Et, plus tard, j'ai demandé à Richard Reed Parry d'Arcade Fire et de Bell Orchestre s'il était d'accord de me la laisser pour mon disque. Il a été surpris de ce que j'en avais fait et a dit qu'il n'y avait pas de problème. Quel regard portes-tu sur ton premier album ? Avec le temps, je ne rechangerais peut-être rien. Avec le recul, j'y vois encore un peu ses défauts bien entendu, mais plus trop. A l'époque, j'étais vraiment dans les défauts évidents d'un album quand tu viens de le finir ; tu es toujours frustré de pas avoir fait certaines choses dessus, mais il faut savoir replacer les albums et les productions dans leur contexte car cela te permet de repartir sur de nouveaux projets et d'avoir de nouvelles envies. Je ne sais pas si l'album parfait existe finalement... Tu vis aux Etats-Unis. Comment t'organises-tu pour composer et enregistrer ?Je vis à Philadelphie depuis deux, trois ans, je suis marié là-bas, donc une bonne partie de ma vie se passe en Amérique. Mais je reviens sur Paris régulièrement car tous mes musiciens sont français. Pour ce nouvel album, on a enregistré une session d'une dizaine de jours dans un studio en banlieue parisienne, mais le processus d'enregistrement à toujours été le même que sur Happiness : c'est-à-dire qu'on enregistre et ensuite, je rentre dans une période où je réédite, je réécoute, je recompose, je réarrange des choses chez moi. Plus ça va, plus je m'équipe de matériels ce qui me permet de faire de la musique. Finalement, l'enregistrement s'étale sur une année et certaines autres choses ont été faites en studio pendant ces dix jours. As-tu une notoriété aux Etats-Unis ?Le premier album étais sorti là-bas mais de manière très intimiste, mais via MySpace et Internet, les frontières passent plus facilement. Je sais que les gens m'envoient des témoignages des Etats-Unis. Je n'ai fait qu'un mini-concert en après-midi à New York, mais mon but est de commencer à en faire plus là-bas. Peut être en solo ou avec des musiciens américains, on verra. Te sens-tu différent quand tu reviens en France ? Quand je reviens, à chaque fois, il y a un sacré contraste de vieux continent et de vieille architecture, mais l'on se sent aussi chez soi. J'aurai toujours mes racines en France. Mes souvenirs, ce ne sont pas des choses qui se coupent. Parfois, j'en ai marre de Paris, parce que je trouve que c'est beaucoup trop oppressant, il y a moins d'espace. Mais à Paris je suis beaucoup plus sollicité pour sortir, etc., alors qu'aux Etats Unis, je ne me suis volontairement pas trop ouvert, je suis resté un peu casanier, comme ça je peux me recentrer sur moi même. As-tu des envies particulières, des collaborations en vues ? Mon envie n'est pas forcément d'être plus gros en France, mais plutôt de me produire dans des territoires étrangers où l'album n'est pas sorti. Enfin, pour l'instant, moi et mes musiciens sommes très contents de faire 50-60 dates à chaque album avec des beaux festivals à la clé. Côté collaborations, oui, ça m'intéresse ! J'ai toujours eu l'idée de faire d'autres projets, écrire avec d'autres personnes, car cela représente beaucoup de travail d'écrire tout seul. Parfois, on a envie que ça aille plus vite et d'avoir un peu moins de responsabilité. Sébastien Schuller sera en concert à la Cigale à Paris le 18 juin et en tournée dans toute la France. Retrouvez toutes les dates de concerts sur le MySpace de Sébastien Schuller . Propos recueillis par Emeline Marceau


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