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Kasabian : l'interview

Trois ans après la sortie de l'album Empire, le quatuor revient en force présenter son tout nouvel opus à l'appellation curieuse : West Ryder Pauper Lunatic Asylum (W.R.P.L.A.). Entretien avec Sergio Pizzorno, guitariste-chanteur et principal compositeur du groupe, pour essayer d'en savoir plus sur la genèse de ce nouveau bijou rock. Qu'avez-vous fait depuis la sortie il y a trois ans de l'album Empire ? On a fait une grosse tournée en 2007. Ensuite, on s'est donc reposé un peu au début de l'année 2008 et j'ai commencé à me remettre à composer de nouveaux titres. Puis on a enregistré ce nouvel album, en quelques mois seulement. Cela a été assez vite. Mais il a fallu attendre avant de pouvoir le sortir. Dans quel état d'esprit as-tu composé cet album ? Je voulais qu'on se sente vraiment bien en l'écoutant, qu'il pousse les gens à passer du bon temps, à finir un livre par exemple ou à terminer celui qu'ils pourraient être en train d'écrire, des choses dans ce genre. Et puis, je voudrais que dans vingt ans l'on se dise : "Waouh, c'est quoi cet album, c'est qui ces gens, c'est incroyable ?!". Car on est vraiment fier de ce disque. W.R.P.L.A. fait parfois penser à Oasis. Que pensez-vous de la scène pop-rock anglaise ? Oasis utilise aussi beaucoup de guitares dans ses morceaux, d'où la comparaison sans doute. Mais je ne pense pas que l'on sonne vraiment comme n'importe lequel de cette scène. Nous sommes assez influencés par les années 1960 et 1970. Mais on écoute aussi beaucoup de musique électronique qu'on essaie de combiner avec le reste pour donner une sorte de rock'n'roll plus moderne. On a notre propre son. Vous avez travaillé avec le producteur Dan The Automator. Pourquoi lui? Disons que je savais vraiment comment je voulais faire sonner cet album. Je voulais quelque chose d'assez puissant, de lourd, avoir de gros sons de batteries. J'ai pensé à Dan The Automator. Je savais qu'il était bon comme producteur de hip-hop. Ça m'intéressait. Les textes représentent surtout des histoires de personnages. Tu n'écris pas beaucoup de choses personnelles... Non, c'est vrai. Je ne sais pas vraiment pourquoi. Dans cet album, il y a beaucoup de références cinématographiques, des histoires, en effet. Je trouve plus fantastique d'écrire sur les autres que sur moi, c'est plus intéressant, tu peux te permettre plus de choses. Des morceaux comme The Underdog ou Fire sont assez rock...Underdog possède un rythme assez singulier. On a été influencé par les Rolling Stones du temps où ils étaient à New York. Il y a des côtés groovy et disco là-dedans. Fire est festif, c'est un morceau qui accroche. Que pensez-vous de vos productions précédentes ? Pour moi, ce sont des arrêts sur image. Quand on revient en arrière, on dit souvent qu'on ne ferait probablement pas ce qu'on a fait si on l'avait su à temps, mais c'est simplement une époque différente. Tu disais que sur le troisième album, les gens pouvaient vraiment juger ta musique. As-tu donc ressenti davantage de pression lors de sa sortie ?Je pense que lorsque tu sors un troisième album, c'est un passage important car c'est le moment où tu deviens vraiment toi artistiquement. C'est le moment où tu ne peux plus te cacher ou mentir aux yeux du public. J'avais 23 ans quand on a sorti le premier album, autrement dit à ce moment-là, j'étais une personne différente avec une musique différente. Je n'aime pas l'idée de faire un album qui sonne comme les autres. Je travaille beaucoup pour arriver à cela, je ne peux pas éviter de penser à faire de nouvelles choses. Avec quelle musique as-tu grandi ? Surtout avec la musique de mon père. Il écoutait John Lee Hooker, Chuck Berry, des sons très bluesy et les Rolling Stones. Puis j'ai écouté pas mal de dance music, puis la brit-pop pour sauver le monde et se prouver que tout est possible. Quand tu commences un groupe, tu te dis que tu aimerais être dans le plus grand groupe au monde. Vous êtes maintenant très connus en Angleterre et aussi en Europe. Avec l'expérience, ressentez-vous toujours du stress et du trac avant de monter sur scène ? Tout est différent quand tu montes sur scène. Je pense que tu deviens quelqu'un d'autre en fait. C'est toi, mais une autre facette qui prend le relais. C'est toujours très excitant. Aujourd'hui, l'image prend de plus en plus d'importance dans le rock. Est-ce que l'image d'un groupe vous a toujours tenu à coeur chez Kasabian ?Personnellement, je ne veux pas forcément être "à la mode" mais j'aime m'habiller avec de chouettes fringues, comme tout le monde. Mais c'est vrai que l'image prend de plus en plus d'importance chez beaucoup de groupes. Que ferais-tu si tu ne faisais pas de musique ? Je me verrais probablement comme un pêcheur ou quelque chose comme ça (rires). Propos recueillis par Emeline Marceau
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