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Patrick Watson, roi des ambiances à la Maroquinerie

Patrick Watson, roi des ambiances à la Maroquinerie
A Paris pour défendre son nouvel album Wooden Arms, le quatuor canadien s'offrait un concert de haute tenue à la Maroquinerie à Paris le 2 juin. Verdict : si sur disque ses chansons ont un capital séduction déjà très imposant, sur scène, elles se transforment en véritables envolées féériques. Il est aux alentours de 20h45 lorsque le groupe monte sur les planches. La salle est blindée et la chaleur ne se fait pas attendre mais tant pis, mieux vaut tomber le pull ou le gilet que s'aérer dehors et rater la magie de Patrick Watson. Car de magie, il en sera vraiment question pendant un peu plus d'une heure et demi. Accompagné d'une section de violonistes, le quatuor met au grand jour l'étendue de sa musicalité, guidée tout au long du set uniquement par les sonorités, le rythme et l'atmosphère habitée de ses chansons. Aussi bien capables de faire des incursions dans le free-jazz que dans le post-rock ou la musique classique, Patrick Watson & The Wooden Arms jouent bel et bien dans la cour des grands, dévoilant une liberté instrumentale sans limite le temps d'un set équilibré, cadencé par de longues plages cinématographiques (Hommage, Wooden Arms), des chansons pop illuminées (Luscious Life, Big Bird in a Small Cage, sacrément accrocheuses sur scène) et quelques puissantes digressions électriques. Si le guitariste attire l'attention sur les sonorités qu'il sort tour à tour de sa guitare, de son lapsteel ou de son mini-banjo, ce sont surtout le jeu et la frappe du batteur qui impressionnent. Le Canadien opère un authentique travail d'orfèvre avec ses mains et ses baguettes (notamment sur Beijing). Qu'il batte le rythme sur ses cymbales, le piano, les pieds de micro ou les guitares - soit tout ce qui lui passe sous la main -, le percussionniste vit l'instant scénique comme un jeu où tout est possible. Car, au final, c'est bien en sublimant sur scène ses chansons intemporelles et ses instrumentations totalement variées que le groupe est le plus convaincant. Quant à Patrick Watson lui-même (le chanteur), que dire si ce n'est qu'il maîtrise sa pédale d'effet et qu'il sample ses harmonies vocales comme un chef ? Souvent (mais efficacement) noyée dans un déluge de réverbes, sa voix est un instrument à elle toute seule : aérienne sur Machinery of the Heavens ou plus douce sur Man Like You, elle enveloppe les morceaux avec un charme absolu. Enfin, ceux qui ont déjà vu les Montréalais en concert savent qu'il aiment avant tout la proximité avec leur public. Sur la dernière demi-heure du concert, Patrick Watson descend alors dans la fosse, chantant à l'aide de cinq mégaphones reliés à son dos la mélodie de The Storm, reprise en choeur par toute l'assistance. Le concert se clôture sur The Great Escape, judicieusement bien choisi, car pour les spectateurs, ce concert fut sans nul doute une "une grande évasion". Par Emeline Marceau


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