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Pierre Guimard : l'interview

Pierre Guimard : l'interview
Après s'être fait la main sur de grosses premières parties et avoir sorti un premier album, De l'autre côté, en 2006, Pierre Guimard sort aujourd'hui son nouvel opus intitulé Les beaux souvenirs ne meurent jamais. Rencontre dans un café parisien pour évoquer son parcours et les collaborations que contient son album. Comment es-tu venu à la musique ? Mes parents m'ont aidé car ils jouent tous les deux d'un instrument. J'ai étudié un peu la flûte traversière. A l'adolescence, je me suis mis à la guitare. Puis j'ai rejoint deux copains qui avaient des goûts très rock et on a créé le groupe Noisy Fate au collège. On a fait un album quand j'avais la vingtaine. Quand as-tu décidé de ne faire que de la musique ?J'ai fait une école de commerce mais en sortant, je me suis dit que je voulais vraiment faire de la musique. Donc j'ai joué tous les jours, je jouais dans Noisy Fate et je cherchais des plans pour gagner ma vie. J'ai commencé à bosser avec Jean-Louis Aubert pour faire la basse. J'avais 24 ans quand j'ai tourné avec lui. J'ai travaillé trois ans avec lui et j'ai ensuite tourné avec Kyo sur une quinzaine de dates. C'est comme ça que j'ai réussi à signer avec Sony et j'ai commencé ma carrière solo en sortant mon premier album en 2006. Es-tu encore satisfait de ce premier disque ? Oui, je l'aime toujours. Ma manière de chanter a évolué aujourd'hui, les timbres, la voix aussi. Le fait d'avoir fait des concerts m'a aidé, car à la base je n'étais pas vraiment chanteur, j'étais guitariste et je faisais quelques choeurs. Je pense que sur ce nouvel album, je suis davantage chanteur que je ne l'ai été auparavant. J'ai aussi acheté un piano donc cet album est aussi un peu moins rock. Tu avais été nominé aux Victoires de la Musique lors de ton premier album. As-tu ressenti une sorte de pression pour sortir celui-ci? C'est rare d'avoir une reconnaissance aussi vite. La pression, je l'ai en effet plus maintenant qu'au premier. Mais ce nouvel album reste dans la continuité du premier, j'ai juste prolongé l'effort. Tu croises la pop et le folk sur cet album. As-tu grandi avec ces musiques ?Je pense que sur mes deux disques, j'ai à peu près fait le tour des influences folk que j'aimais bien. Je suis un grand fan des Beatles, des Kinks, de la pop anglaise des années 60 et des Pink Floyd. Sur le deuxième album, j'ai voulu conserver ces mélodies avec des harmonies mais également un son plus américain jusqu'à me frotter parfois avec la country. J'ai souhaité garder des textes en français avec une musique un peu exigeante sans qu'elle soit compliquée pour rester accessible. Ton album contient de belles collaborations : notamment Ben Kweller et le pianiste d'Elvis Presley. Comment les as-tu rencontrés ? Ben Kweller était dans la même maison de disques que moi, donc cela a été facile. Il avait aimé mes démos et s'était déjà retrouvé sur mon premier album. Il a joué pas mal de guitares et de piano et m'a aidé pour les arrangements. En fait, pour ce disque, je suis tombé un peu amoureux de Gram Parsons, qui était dans la country et le rock. Il m'a intrigué: il est mort très jeune, il y avait un mythe autour de lui. Je suis donc allé rechercher son pianiste, Glen D. Hardin, qui a joué avec Elvis Presley. C'est un papy, il est venu à Paris et a joué du piano. Il a fait des parties assez libres, par exemple sur le morceau Pas du tout mon amour. Je suis content car j'ai réussi à reprendre sa patte. Rose, Jérôme Attal participent également à cet album... Tu as l'air de vraiment aimer t'entourer artistiquement ?Tu sais, quand tu es un artiste solo, tu as besoin de te recréer un groupe quelque part. Moi, cela me manque beaucoup. J'ai mon studio, mais ça m'ennuie de passer mes journées tout seul. Jérôme Attal avait déjà écrit une grosse partie du premier album. Je n'avais jamais écrit de textes de ma vie. Il m'aide sur l'écriture. Pour ce qui est de Rose, je l'avais rencontré à un concours folk au Paris Paris il y a deux ou trois ans. Elle est venue habiter dans mon quartier. On est copains maintenant. Je l'ai aidée à faire des maquettes, elle m'a écrit des titres. Mark Maggiori, le chanteur de Pleymo, est en train de faire mon clip et a également écrit un texte. Tu parles du "Rêve Américain" dans un morceau. L'as-tu réalisé ?Je l'ai écrite avec Jérôme Attal. Je voulais appeler l'album comme ça au début, car j'ai forcé les choses, je suis parti à New York avec ma femme et ma fille pour aller enregistrer l'album. On a vécu notre rêve américain en partant ensemble pendant un mois. C'est aussi de se dire que tout est possible, le succès, etc. Je fais toujours en sorte de provoquer les choses pour qu'elles soient différentes de celles de ma petite vie à Paris. Tu évoques aussi l'amour dans tes chansons. Parles-tu de choses personnelles ? C'est un des sentiments les plus forts dans la vie. Le titre Je m'arrête à toi, par exemple, c'est une vraie déclaration. Il y a des chansons qui sont beaucoup plus personnelles que d'autres comme De l'or que j'ai écrite pour ma fille par exemple. Après, je pourrais faire une chanson engagée ou un album conceptuel mais je trouve cette démarche beaucoup moins forte car l'artiste ne se livre pas complètement en faisant ça. Tu te mets moins au premier plan. As-tu déjà des idées pour un troisième album ?J'aurais de quoi faire un autre album mais, dans ma tête, soit cela marche et je continue à faire un peu ce que j'ai déjà fait soit ça ne marche pas et je ferai peut-être complètement autre chose. Peut-être que je changerais de son ou que je ferai un exercice de style. J'ai peut-être envie de faire un nouvel album tout seul, on verra. Propos recueillis par Emeline Marceau Pour fêter la sortie de son album, Pierre Guimard sera en concert au Paris Paris ce soir à 21h, à Paris. Il se produira également en première partie de Cock Robin le 24 juin à la Cigale, à Paris, et le 26 juin à Lille. Retrouvez toutes les dates de ses concerts et le clip du single Les beaux jours ne meurent jamais sur le MySpace de Pierre Guimard .


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