Parole Césaire (Brazzaville Via Oujda)

Abd Al Malik

Ajouter aux favoris
Écouter un extrait mp3 de cette musique
  • Durée : 04:11
  • Date de sortie : 18 Janvier 2008

Paroles de la chanson Césaire (Brazzaville Via Oujda) :
J’étais allongé dans une chambre d’hôtel au Maroc et Césaire était mort
Je pensais à ça, à lui au fait que je suis Noir et à autres choses encore
Le hall grouillait d’intellectuels d’artistes, j’en avais salué quelques uns avant de prendre l’ascenseur
Lorsqu’on m’invitait à ce genre d’événement non pas que j’étais pris par la peur
Mais une sensation étrange de sentiments mêlés me questionnait sur ma place
Sidi Badr était dans une autre chambre quelques étages plus bas au téléphone avec Bilal
Réglant les derniers détails techniques de l’album que vous êtes en train d’écouter
Quant à moi c’est par le mot, le mythe, l’Amour et l’humour qu’au cœur du vivant il s’agissait de s’installer


Noir comme un département de l’humanité
Noir comme pour l’universel son singulier
Noir comme s’il s’agissait d’aimer


Césaire évidemment aurait pensé que la poésie est toujours une question d’entre deux
Une sorte de trait d’union qui interpelant l’histoire en la tutoyant dirait je
Entre l’absence et la présence comprendre qu’être subversif c’est passer de l’individuel au collectif
Lorsque je rentrais dans ce genre de réflexion non point que j’étais craintif
Mais un questionnement profond quant à la responsabilité m’interpelait sur ma fonction
Sidi Badr était dans une autre chambre quelques étages plus bas en train de faire ses ablutions
Et Bilal à quelques milliers de kilomètres de là à composé la musique que vous écoutez
Quant à moi c’est par le mot, le mythe, l’Amour et l’humour qu’au cœur du vivant il s’agissait de s’installer


Noir comme un département de l’humanité
Noir comme pour l’universel son singulier
Noir comme s’il s’agissait d’aimer


Quelle image avions nous de nous-mêmes au temps de Senghor et de Diop au fait
Tout cela est tellement loin pour ma génération comment voulez-vous qu’on s’en souvienne
De ceux qu’on fait que, bien qu’ayant grandi dans le ghetto notre esprit n’y vive pas
Lorsqu’on trouve normal d’être libre et debout eux, se sont battus pour la fierté d’être soi
Mais un sentiment me fait me demander ce que pensait réellement Césaire de nous
Avec Sidi Badr on se dit souvent qu’être un homme ça va au-delà de tout appartenance c’est tout
Et Bilal est d’accord et précise que dans l’émotion c’est ce que note musique doit refléter
Quant à moi c’est par le mot, le mythe, l’Amour et l’humour qu’au cœur du vivant il s’agissait de s’installer


Noir comme un département de l’humanité
Noir comme pour l’universel son singulier
Noir comme s’il s’agissait d’aimer


J’étais allongé dans une chambre d’hôtel au Maroc et Césaire était mort
Mais, de Fort de France à Oujda, de Cayenne à Brazzaville il rassemble encore
Intellectuels, peuples des cités, Noir ou Blanc, je vous salut de la part du Nègre fondamental
Lorsque je me rebelle c’est mu par le devoir impérieux de l’excellence de mon style
Moi, laminaire, je reprends le flambeau avec mes flows, avec mon cœur, avec ma bande
Sidi Badr pense qu’en fait c’est tout juste une question de conscience
Pour Bilal il faut révolutionner, partir de là où on aurait jamais dû quitter
Quant à moi c’est par le mot, le mythe, l’Amour et l’humour qu’au cœur du vivant il s’agissait de s’installer


Noir comme un département de l’humanité
Noir comme pour l’universel son singulier
Noir comme s’il s’agissait d’aimer


Mais, il faut rendre à Césaire ce qui appartient à Césaire
Coupe, coupe la musique… écoutes ça :
« Il y a des volcans qui se meurent,
Il y a des volcans qui demeurent,
Il y a des volcans qui ne sont là que pour le vent,
Il y a des volcans fous,
Il y a des volcans ivres à la dérive,
Il y a des volcans qui vivent en meute et patrouille,
Il y a des volcans dont la gueule émerge de temps en temps, véritable chiens de la mer,
Il y a des volcans qui se voilent la face, toujours dans les nuages,
Il y a des volcans vautrés comme des rhinocéros fatigués dont on peut palpés la poche galactique
Il y a des volcans pieux, qui élèvent des monuments à la gloire des peuples disparus,
Il y a des volcans vigilants, des volcans qui aboies montant la garde au seuil du Kraal du peuple endormis,
Il y a des volcans fantasques, qui apparaissent et disparaissent, ce sont jeux lémuriens,
Il ne faut pas oublier, ceux qui ne sont pas des moindres, les volcans qu’aucune dorsales n’a jamais repérés
Et dont, la nuit les rancunes se construise
Il y a des volcans, dont l’embouchure, est à la mesure exacte de l’antique déchirure,
Aimé Césaire »

[ Merci à > d'avoir ajouté ces paroles ]

Les dédicaces pour "Césaire (Brazzaville Via Oujda)" :

  • GreatMaster

    Date: Aujourd'hui

    Aucun commentaire ! Si tu veux etre le premier à mettre ton commentaire, tu peux le poster en utilisant le formulaire ci-dessus.